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jeudi 15 octobre 2009

La douleur : chapitre 2 : Mécanisme

Comment se crée une douleur ?







Alors, ça peut paraître un peu compliqué en cours, voilà pourquoi je vais simplifier et synthétiser ce que j'ai appris afin que cela soit plus digeste.







Tout d'abord voici un petit schéma réalisé par mes petite mimines qui va vous aider à comprendre le charabia qui suit.







Alors, tout commence par un stimulus douloureux, une lésion tissulaire. Les terminaisons nerveuses, situées sur la peau et les organes, font naître un message nerveux dit "nociceptif" (ça vient du latin, et ça veut dire "nuire, nuisible")
-> C'est en fait une alerte qui va être transmise au cerveau, le mettant en garde contre un danger.

Le rôle premier et utile de la douleur, c'est ça, nous avertir d'un danger. Prenons le cas de l'infarctus du myocarde, si nous étions incapables d'en ressentir la douleur, nous ne serions pas alertés et les chances de survie seraient quasi-nulles.

Des terminaisons nerveuses, le message va se diffuser grâce aux nerfs périphériques, puis va remonter la moelle épinière pour arriver au cerveau.

Mais arrêtons-nous un instant sur la moelle épinière, car il existe sur celle-ci un système régulateur de la douleur. Il s'agit d'un filtre, que l'on peut représenter par une porte. Plus la porte est ouverte, plus le message va passer. Ce système de porte s'appelle le "gate-control". Si la "porte" est fermée, aucune douleur ne sera ressentie.

Pourquoi est-il important de savoir ça ? Parce que certaines substances naturelles et chimiques sont capables de refermer un peu, beaucoup cette porte. (La morphine, ça vous dit quelque chose ?)

Bref, revenons à nos moutons. Le message nociceptif va donc arriver au cerveau, et c'est dans celui-ci, au niveau du thalamus et du cortex que le mesage nociceptif va devenir message douloureux. Effectivement, le cerveau va décoder la douleur, la percevoir (s'agit-il d'une brûlure, d'une piqure, d'une crampe ... ? ) la comparer avec les expériences douloureuses passées (ai-je déjà ressenti ce type de douleur?)

Si le cerveau analyse ainsi le message qu'il reçoit, c'est pour ordonner une réaction motrice : je me pique, hop je retire mon doigt de l'aiguille et vais me passer sous l'eau froide (le froid inhibe la transmission du message nociceptif)

Normalement, j'ai été claire. Du moins je l'espère. Bientôt je vous parlerai de l'évaluation de la douleur, qui est très très très importante.

La douleur : chapitre 1 : Généralités

Me revoilà après plus d'un mois sans poster ! Eh oui, les vacances, la reprise du travail puis le changement de travail ... Mais non, je n'ai pas abandonné et j'ai encore plein de sujets dans mon sac !

Nous allons parler d'un sujet qui me tient +++ à coeur. La douleur. Ne laissons plus les patients souffrir. Il existe des moyens thérapeutiques aujourd'hui pour répondre à la douleur. Commençons par quelques généralités.


Définition :

A connaître par coeur, bien entendu :

"C'est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à un dommage tissulaire réel ou potentiel, ou décrite en termes d'un tel dommage"

Déjà, première chose : cette définition nous montre d'emblée que la douleur ce n'est pas seulement quelque chose de physique. C'est physique certes (sensoriel) mais c'est quelque chose d'également "émotionnel"...

Nous pouvons donc d'ores et déjà en conclure que l'expérience de la douleur varie selon la personne. Pour un même stimulus douloureux, une personne va souffrir plus qu'une autre, va l'exprimer plus ou moins qu'une autre.


Et cela, c'est en lien avec :
- Nos représentations personnelles de la douleur
- Nos expériences douloureuses passées
- Notre culture, notre éducation
- Le sens attribué à la douleur
- etc ...


Mais dans tous les cas, seule la personne souffrante est juge de sa douleur. Ce n'est pas à nous de décider que tel patient a mal ou pas.

Il faut distinguer la douleur aîgue de la douleur chronique.

La douleur aigue, d'une durée inférieure à 3-6 mois, est un symptôme. Elle a donc pour but d'alerter sur une lésion tissulaire récente, afin d'engendrer un traitement. Exemple : Vous vous coupez, vous avez vite mal, vous allez vous faire soigner.

La douleur chronique, c'est la douleur-maladie. C'est une douleur qui est là depuis plus de 6 mois, qui est inutile et destructrice. Elle a un impact sur la vie sociale du sujet, sur son état psychologique; Notre objectif thérapeutique est donc de traiter au mieux cette douleur, et de réadapter le patient à sa vie. Ce sont par exemple les douleurs d'arthrose, de tassements vertébraux, de cancer évolué...


Voilà pour une première introduction en douceur ... Plus tard je vous parlerai des mécanismes de la douleur, de l'évaluation, et bien entendu du traitement !
A bientot